Tour d'Afrique

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mardi 3 juillet 2007

VaGabondages

Au risque de me répéter, devinez quoi, on a changé d'Afrique!
Le Gabon, c'est un étonnant mélange entre nature sauvage et modernité "à l'occidentale"! Libreville, la capitale, c'est Bruxelles à l'équateur, grands buildings, trottoirs, égouts, climatisation à tout va... ni chèvres, ni ânes, ni poules, encore moins de chameaux, pas de plateaux débordant d'ananas, de beignets, de noix de cola sur la tête des femmes; pas de vendeurs à la sauvette, pas de ribambelles infinies de marmots... Si cela a un côté reposant, ben, je ne sais pas, ça manque... de ce côté grouillant, bouillonnant, coloré, fatiguant, bruyant, vivant qui caractérise ce qu'on a traversé d'Afrique!
A Libreville, les djeun's marchent comme des cools en jeans casquette baskets, parlent de XBox et mangent des hamburgers dans des snacks pendant la pause midi du lycée, on était tout surpris! Ils nous appellent les whites, aussi, ça fait plus cool et plus djeun, peut-être! :)


Bon ... on a quand même trouvé un endroit où c'était le beau boxon coloré ... ça reste l'Afrique quoi :


Quand on s'éloigne de Libreville, le Gabon, c'est... la forêt! Une forêt immense, verte foncée, haute comme tout, même les troncs sont verts de lianes et de mousses et de plantes grimpantes, c'est une forêt-mur, c'est très impressionnant! L'air sent constamment l'humus retourné ou l'herbe fraîchement tondue, ou la terre juste après la pluie, je ne sais pas si ça vous parle, mais je ne vois pas comment décrire d'autre cette odeur de vert! Quand on s'approche de la mer, ajouter au-dessus de ça l'odeur de l'iode, et voilà l'univers olfactif du Gabon!



Il y a l'odeur, et puis, il y a la lumière, les photos ne vont peut-être pas bien la rendre, mais c'est une lumière "transparente", qu'on sent partout autour de soi! La lumière, l'odeur, la forêt, la savane et les animaux, le Gabon, c'est Gaïa, vous savez, l'"esprit" de la Terre!







Devinez quoi... on a encore croisé des éléphants! J'suis incapable de m'en lasser!



Ceux qui ont lu "La mémoire du fleuve", de Christian Dedet, qui raconte l'histoire de Jean Michonet, un forestier-aventurier-chasseur de crocodile métis Gabo-français, ont peut-être tenté d'imaginer ce fameux fleuve Ogooué et les forestiers qui y transportent leurs "grumes" en radeaux à travers tout le Gabon...? On l'a lu juste avant d'arriver au Gabon, et on n'a pas résisté à se payer l'aller-retour "Lambaréné/Port-Gentil" en bateau-bus sur le fleuve!



Pour se sentir encore un peu plus l'âme d'aventuriers, on a tenté la viande de brousse, spécialité locale! Manu a savouré un porc-épic (caoutchouteux et au goût de savon Dreft, mais il a suffi que je lui dise cela pour qu'il prenne la mouche et mange son plat jusqu'au bout!); moi j'ai mangé de la gazelle, ça goûte la biche, le piment en plus...! Voici le menu du resto :



Pour peaufiner totalement l'aventure gabonaise, on est descendus jusque tout tout au sud, sur les plages désertes de Mayumba. Petite photo devinette, bronzage de plage ou ...

... crasse de piste ?


Voilà un petit article rapide, pour combler nos fans (ah ah!) impatients, on a tellement plus d'impressions et de choses à raconter encore sur le Gabon, et maintenant sur le Cameroun, mais le temps nous manque, patience, patience, nous prendrons le temps de vous raconter tout ça... depuis la Belgique! JF et Claire sont prêts à écrire un article sur le Cameroun, vers fin juillet, par là! Ce blog n'est pas encore mort! :)
A très bientôt...!
Manu&Bouli

samedi 16 juin 2007

Bizarres les Béninois? Trop, même!

On pourrait croire, après plus de 7 mois d'Afrique, que rien ne nous étonne plus, que nous y avons vu toutes les particularités, les drôleries, les bizzareries, les ennuis, les choses choquantes ou misérables, et bien non! D'accord, ce serait un rien présomptueux, après tout, le Bénin, ça n'est que le 8ième pays de notre périple, 8 pays, ça n'est pas l'Afrique ; mais comme il y a des points communs à tous ces pays, on serait tenté de croire que l'étonnement disparaît... Eeeh, c'était sans compter sur les Béninois, des phénomènes, trop même!
Les Béninois font des bisous. Tout le temps. En toute occasion. Des bisous? J'imagine déjà vos têtes surprises! Ben oui, des bisous! Ou plus exactement le bruit d'un bisou! Smmmmmouououtch, c'est l'appel d'un chauffeur de zémidjan (les taxis-motos), en général suivi d'un "ça va où?" ou "on y va? on est prêt?", ici point n'est besoin d'arrêter un zémidjan, c'est eux qui vous fondent dessus, même si vous aller juste en face acheter un ananas, ils sont trop déçus si vous leur dites que vous allez à pied!Smmmmmououtch, c'est l'appel d'un vendeur d'un truc dont vous n'avez pas besoin; smmmouououttchch, ça c'est le vendeur de souvenirs pour les touristes; smmMmmoououtch, ça, c'est pour saluer les blancs "Hé, yovos, bonsoir!"; sMmmmououououtchh, ça c'est quand je me promène toute seule, et là, c'est infernal, c't'un concert de bisous!
Ajoutez à ça la manie qu'ont les mecs (comme au Togo d'ailleurs) de prendre une p'tite voix fluette quand ils nous causent. Et la manie, qui règne partout en Afrique, que les mecs se prennent la main très très souvent. C'est bon le décor est planté, on s'croirait avec Priscilla et les folles du Désert; et on n'a jamais osé leur dire, je ne sais pas trop comment est perçue l'homosexualité ici (au Sénégal, on a cru comprendre que ça n'était pas très ouvert, à la lecture d'un article de journal des plus homophobes, mais on essaye d'apprendre à ne pas généraliser, donc, on ne sait pas!), alors en rire... D'ailleurs, pour la voix fluette, moi je me demande toujours s'ils ne se foutaient pas de notre voix, enfin, de ma voix, elle est un peu aigue, trop même...
Le Bénin, c'est le pays touristique de la région, surtout depuis que la Côte d'Ivoire n'est plus aussi accueillante. On y a bourlingué deux semaines, rien qu'en faisant les touristes (peut-être un rien moins crédule que le touriste novice, on va dire), et je ne sais pas, j'en garde un souvenir d'un pays vraiment intéressant point de vue culturel et naturel, mais l'ambiance créée par le tourisme et ce qui tourne autour, guides, faux guides, boutiques à souvenirs, gosses plus que quémandeurs, prix difficilement corrects, ça me laisse un arrière-goût d'amer et de questionnements.
La suite en images...

Vous vous souvenez de Gab et Gwen? Deux volontaires français rencontrés à Kara, au Togo, et qui nous ont proposé de venir avec eux (et deux amis les rejoignant) au parc national de la Pendjari, dans le Nord du Bénin.
Après comptes d'apothicaire (par Manu, moi j'avais d'jà dit oui!), on y est allés, et c'était fabuleux! Vous allez me dire, boarf, ça fait le n-ième parc national que vous faites, oui peut-être, mais c'était la première fois en saison des pluies, admirez le vert le vert le vert!





Y'a un lion sur l'une de ces photos, l'avez-vous vu? Pour les autres photos, dans l'ordre : des cobes de Buffon, des cobes Defassa, des bubales, des hippotragues et des buffles!
Ces deux jours dans le parc étaient parfaits, bêtes et verdure le jour, tambouille sur feu de bois et veillée à la guitare la nuit! Je passe les détails de la crise "merde, y'a des énormes araignées, oh quelle horreur!" et du fou rire des éco-gardes en nous expliquant qu'on appelle ces araignées des "porte-charges", et devniez c'est quoi la charge...? Des scorpions! Bwâerk!


Un ptit trou d'eau sans crocos et pas douchés depuis 2 jours? Hop hop, tous à l'eau! Manu s'offre un massage de tête...
Là, vous allez peut-être vous demander pourquoi j'arrive à garder un ptit arrière-goût désagréable de ces 2 jours? Hé bien, à l'entrée comme à la sortie du Parc, toute une floppée de ptits marmots nous poursuivaient en exigeant "Kado, kado, kado, kado, kado, kado, kado, kado, kado, kado, kado, kado,..." C'était le seul mot qu'ils disaient, sur un ton qui frolait l'ordre! Kado, un ordre! Merde! Si tous les touristes pouvaient faire l'effort de se retenir et de ne pas se sentir saints comme Mère Térèsa s'ils donnent 100 francs ou un bic à un gosse, ah, l'ambiance en serait déjà plus légère! Et si les gosses étaient éduqués à ne pas mendier, rah, encore mieux! Ca s'entend, des histoires que certains enfants sont "invités" à mendier par leur parents, et l'école, bah, tant pis...



Abomey, ancienne capitale du Royaume du Dahomey, sur lequel régna une dynastie de 14 rois, et dans laquelle il reste les vestiges de leur palais. "Le poisson et la nasse", c'est l'emblème de l'un d'eux dont le nom fort était (traduit) "le poisson qui est sorti de la nasse n'y retourne jamais" ; tous les autres rois avaient des noms-dictons de ce style, c'est un plaisir à découvrir! Ces rois étaient de terribles guerriers, leur royaume s'étendait sur le Bénin et une partie du Nigéria actuel, ils s'asseyaient sur les crânes de leur ennemis et offraient à leurs femmes (y'en a un qui en a eu 41!) les jambes de leurs ennemis comme pilon à mortier! Mmmh! Ils ont assis leur puissance en vendant les prisonniers comme esclaves aux commerçants négriers, avant de se faire "avoir" par les Français vers les années 1900. J'vous le raconte un peu vite comme ça, mais c'était vraiment intéressant de découvrir toute un pan de l'histoire (de 1600 à 1900, tout de même) qui ne figurera peut-être jamais dans un manuel d'histoire en Europe, et ici au Bénin, on n'a pas pu le vérifier.
Abomey, c'est aussi la capitale du vaudou, une religion qui mêle esprits, dieux, messager entre le monde des esprits et celui des vivants, ça a l'air fameusement complexe, on n'en a entrevu que quelques temples, et des fétiches disposés à l'entrée des maisons.





Ganvié, la cité lacustre, la Venise de l'Afrique, the must be done du circuit touristique au Bénin. Bon, on l'a fait. On était un peu inquiet à l'idée de devoir marchander des heures et des heures le prix d'une pirogue et de son piroguier... on a été ravis de voir qu'ils ont instaurés des tarifications fixes, en fonction du nombre de personnes et du type de pirogue. Cooool, ça va être plus facile! En effet, ça l'est, avec reçus et tickets en bonne et due forme, mais à nouveau, arrière-goût de soupirs : à peine avons-nous notre ticket que le ticketier nous explique "Oui, donc vous aurez un piroguier et un guide, et s'ils sont gentils avec vous, il faut être bien gentils avec eux, n'est-ce pas?" Comprenez par là : "crachez encore des sous à l'arrivée, hein!" Il est écrit, sur notre reçu en bonne et due forme 'Toutes taxes comprises : pirogue-guidage-visite'. Bon encore à la limite si c'était juste suggéré de laisser un pourboire si on voulait ... mais cette phrase du "Il faudra être gentil hein!" 4 ou 5 personnes nous l'ont bien répété et re-répéter pour être sûr qu'on avait bieeeen compris. La visite a duré 12 minutes inclus l'arrêt à la boutique souvenir - bar - buvette de Ganvié, et zou on était reparti pour la demi-heure de pirogue retour. Bon. Rien d'affolant, et on ne peut pas dire que la prestation méritait un ptit surplus tellement c'était bien, du coup, puisque tout est compris dans le prix, on a rien donné. La sale tête du guide, merde! Difficile d'avoir un service de qualité, et pour nous cette excursion nous a déjà coûté cher!
Et toute la marmaille de Ganvié qui nous réclamait des kados, et cette femme qui me montre son gosse, visiblement malade, oui, mais en quoi suis-je la solution? On nous a appris qu'une partie du montant versé par les touristes est reversé à la commune de Ganvié! Ah! Pourquoi pas améliorer le dispensaire avec cet argent?
A Ouidah, autre point touristique du Bénin, endroit où les esclaves étaient embarqués vers le Brésil, même les adultes demandent des kados ("il faut me donner quelque chose!"), et la belle-fille de l'aubergiste chez qui nous logions, après une sympathique partie d'UNO tous ensemble, me demande si je peux emmener son fils (2 mois) avec moi! Si je n'ai pas de lait, ce n'est pas grave, je n'aurais qu'à donner le lait en poudre là... Merde!


En attendant notre vol vers le Gabon, on est partis se reposer et s'isoler à Grand Popo, une immense plage vide à cette saison. Cocotiers, baignades et parties de carte... mais pas toujours la paix! Nous logions dans une ptite hutte, et la hutte directement voisine était une "chambre louée à l'heure", pour couple en recherche d'intimité ou pour professionnelles... Le défilé tous les soirs! On pense même qu'il était possible de louer au quart d'heure, si si!
A Grand Popo, le rêve des jeunes, c'est de se trouver une Européenne parmi les touristes qui y viennent l'été, et de partir avec elle en Europe. Comme moi j'étais pas libre, ben j'me suis fait interrogée sur tous les trucs et astuces pour vivre en Europe dans l'illégalité, parce que je me suis rendue compte, au fil de la conversation, qu'avoir des papiers n'est pas l'objectif premier, qui est, lui, d'avoir des sous : "Et quand ils voient que ton VISA est périmé ils te recherchent ?" , "Et quand tu t'fais expulser par l'avion, on t'met toutes tes affaires au moins ?" "Ah ça marche pas les papiers si on n'est pas marié avec une Européenne?"...

Quand on éloigne son regard de ce qui doit être vu d'un point de vue touristique, l'Afrique est pleine de clins d'oeil et de sourires, voici Mr Brico, il a tout! Et un poissonnier d'un genre nouveau... On aime!


vendredi 1 juin 2007

Dieu, stoemp et cocotiers

Aaah, les impatients vont être contents, revoilà déjà de nouvelles photos! Ce sont les dernières du Togo, nous venons en effet d'atteindre le Bénin.

Bouli
Vous avez toujours rêvé d'avoir des cheveux comme Barbie? J'ai la bonne adresse! Résultats du tressage ci-dessous...


Sympa, non? Pour les curieux qui se demanderaient, juste comme ça, ce que je fais avec le pilon d'un mortier dans une casserole, hé ben, c'est fort simple : j'exporte le stoemp! :D


Si ceux qui nous appellent veulent se faire une idée d'où on est quand on décroche... Voilàààààà!


Ou alors, de là... Les fins observateurs que vous êtes (Nicô, bravo pour les luges!) auront remarqué le délicieux nom de cette centrale téléphonique! Que les Togolais soient musulmans, catholiques ou protestants, ils sont 100% croyants, et cela se voit jusque dans les noms des bars...

Mais si! Les fins observateurs auront cette fois-ci remarqué la ptite tête à Manu... serait-ce le "et divers" ??? :p


Une petite dernière pour la route, un jour de ballade autour de Kara, c'est tout vert tout agréable comme région,Gwen et moi en intense réflexion, "Sautera, sautera pas?"

mercredi 23 mai 2007

Au pays des Améyibos ... les photos !

Tout d'abord les dernières photos du Niger, avec un petit au revoir à Niamey et au grand fleuve que nous suivions depuis si longtemps :)


Et notre dernière petite excursion touristique au Niger pour aller voir les giraffes (girafes? giraffes?) :) Bizarrement, elles boudent le parc du W alors il faut aller les voir dans un p'tit village plus au Nord-Est...


Après c'est le long voyage vers le Sud, du fleuve à la mer, du Sahel à l'Equateur, avec tout le dégradé de vert que cela signifie :)









Lomé ! Enfin la mer ... depuis Dakar que nous l'avions perdue ! Malheureusement y'a pas que la mer qu'on retrouve à Lomé : la même ambiance que Dakar y règne ... saleté, pollution, légère agressivité ... on s'y est pas attardé !


Après être passés une première fois à Kara pour y faire un peu de tourisme dans les villages traditionnels des forgerons et de la superbe vallée de Tamberma ...


...
On s'est installés 1 semaine à Kpalimé (autre région touristique) pour y rencontrer une assoc très ambitieuse travaillant dans des projets sur à peu près tous les thèmes (santé, agriculture, économie, politique, promotion de la femme, etc etc :)) ...
Malheureusement, on a un p'tit problème de conflit et de virus dans le cyber où l'on se trouve actuellement ; on espère ne pas avoir perdu les photos, mais on ose plus trop toucher à la carte avant la fin du voyage ... Vous aurez donc seulement droit à Bouli choisissant ses seaux pour le ménage, la douche et la lessive de notre petit deux pièce au milieu d'une cour africaine :)

...
A la prochaine ! Manu

mercredi 16 mai 2007

Au pays des Ameyibos!

Nous avons changé d'Afrique!Si!
Au revoir sables, cailloux et poussières rouges et jaunes du Sahel, au revoir les peuhls et leurs troupeaux de zébus, au revoir mosquées et muezzins à 5 heures du mat', au revoir aux chameaux dans les rues, au revoir cette atroce chaleur, l'air qui nous cuisait la peau, le ciel sans nuage, au revoir acacias épineux, fruits secs et légumes rabougris; bonjour bonjour cocotiers, palmiers, ronniers, fromagers, arbres à avocats, à bananes, à piments, à ananas, les mangues sont énormes, ah ah, bonjour verdure! Tout est vert par ici, quand ce n'est pas vert, c'est rouge, le rouge des pistes en latérite, comme plus au Nord, comme celles du Burkina et du Niger, mais ici, le rouge est plus fort, plus rouge, ça doit être tout ce vert... Et puis, il pleut! Il pleut presque tous les jours, les rues en pente se transforment en torrent d'eau et de boue, il pleut à vous tremper mouiller en 17 secondes montre en main, j'adore, est-ce belge de manquer de pluie?

De "nassahras" nous sommes devenus "yovos", et les enfants, terriblement plus gigotants, trépignants et bruyants que ceux au Niger nous accueillent toujours avec leur chanson "Yovo Yovo,bonswaaaaRrr! Ca va biien? Biien MèèèrRrcii!" (tentative de retranscritption de leur délicieux accent roulant), à toute heure de la journée, même le matin (bonsoir se dit à partir de midi ici!), même la nuit, même de loin, ils courent, ils sautent sur place en chantant et nos réponses leur arrachent des cris et des rires hystériques!
Renseignement pris, yovo, cela veut dire "l'homme blanc"; l'homme noir se dit "ameyibo" en Ewè, la langue parlée dans cette région du Togo. On s'amuse à leur répondre "Ameyibo ameyibo, bonsoir!", et en fonction de l'âge des mômes, cela provoque la stupeur et de grands yeux étonnés ou un fou rire qui les fait tomber de leur chaise... C'est dingue ce que les Africains sont théatraux : ils rient théâtralement, ils s'engueulent théâtralement, et sont théâtralement choqués quand on discute un prix... Hè! :D

Au fait... on n'a pas changé d'Afrique... Ce petit bruit-là, "Hè", les femmes le font depuis Dakar pour exprimer leur étonnement, ou elles pincent les lèvres et laissent filer un ptit bruit pour signifier que c'est pas bon là, c'est trop cher, ou il faut ajouter, enfin, c'est pas arrivé quoi! Non, on n'a pas changé, ils écoutent toujours la musique "Coupé-Décalé" de Côte d'Ivoire, principe : un rythme, et un mot ou une phrase, qui sert à la fois de paroles, de refrain et de titre... La plus connue, c'est Guantanamo, elle passe au moins 18 fois par trajet en minibus ou en taxi-brousse!
Si ce n'est pas du coupé-décalé qu'ils écoutent, ce sont des sermons religieux sur fond de musique (3 accords max... au synthé...), disons que, pour nos oreilles, c'est... particulier? En quittant l'Afrique musulmane pour l'Afrique chrétienne, on change d'ambiance, c'est vrai, quoique même sans appel à la prière, à 5 heures du mat', toute la maison est debout, et ça balaie la cour, ça braille, ça s'interpelle jusque de l'autre côté de la rue, et Manu et Bouli se lamentent et enfoncent bien leurs boules quiès! Mais si l'ambiance change, la ferveur ne change pas. Que ce soit Allah ou Dieu, il est omniprésent, il voit tout, décide tout, prévoit tout, guide tout, le hasard n'existe pas ici!
Nous avons été invités, par Clémentine, la femme du responsable d'une ONG dont nous avions le contact à Kpalimé, au culte du dimanche matin de leur église ; elle s'appelle "Eglise internationale de la foi agissante". Si! Et il y en a tant d'autres, variant entre la foi catholique et la foi prostestante : église du Salut en le Christ, église baptiste, église presbytérienne, église évangélique du feu des derniers jours (ma préférée! :p), église de la parole vivante, église du Christ-Roi,etc etc...), moi ça me fait penser à toutes ces églises que j'ai vues dans le Tennessee profond, sauf qu'ici ça n'est plus trop la petite maison dans la prairie avec église en bois peinte en blanc, c'est plutôt parpaings de béton et toit en tôle ou murs en palissade et toit en feuilles de palmier! Assister à cette messe, c'était... déroutant? Les fidèles prient en chantant, certains entrent en transe, s'agenouillent, se couchent sur le sol, dansent les yeux au ciel et bras en croix; quand ils prient en parole, c'est tout le monde tout haut, très fort, avec gestes et tout... C'est un peu... théatral? :) Ca, c'est pour le show, pour l'anecdotique, c'est ce qui nous surprend et nous étonne ; j'suis plus... sceptique? dubitative? choquée? ... quand j'entends qu'un président d'un parti politique clame haut et fort que seul, l'homme ne peut rien, seul Dieu permet de (se) réaliser...

Non, vraiment, on n'a pas changé d'Afrique, les femmes portent toujours des assemblages ahurissants sur leur tête, les rues sont toujours aussi dégueulasses, les sacs en plastique noir, s'ils ne décorent plus les arbres épineux (il n'y en a plus!), ils décorent les chemins le long des champs de maïs ou de manioc, et les chèvres les broutent toujours avec appétit, tiens, au fait, ce n'est plus des chèvres, mais des cabris (de drôles de ptites chèvres avec des pattes qui dépassent tout juste de leur panse!), vous pouvez toujours trouver tout, tout, tout et rien auprès des ptits vendeurs des rues, avec une mention spéciale pour Lomé toutefois : port oblige, voici le grand retour de la Rolex (véritable! si si!) qu'on avait perdue depuis Dakar et des culottes en dentelle noire! Il y a les enfants, toujours, les marchés, les pagnes tout en couleurs, les demandes en mariage, ah ah, il suffit de se promener toute seule ou d'être assise toute une après-midi sur une chaise dans la rue en train de se faire tresser les cheveux pour que 3 gars se disent, ouh, la blanche-là je vais la marier, alors faut apprécier le romantique de la demande : ce n'est pas à la blanche (en l'occurence, moi ou Gwen, la volontaire française qu'on a rencontrée ici à Kara) qu'on pose la question, mais aux 2 demoiselles togolaises qui coiffent, mais même si la question est posée en Ewè ou en Kabyé, la signification est évidente, du coup j'interviens:

" - Dis, tu te crois où? Au marché? Tu choisis une femme comme ça?
- Eh non, mais tu comprends, je t'aime!
- Tu te fous de moi ou quoi? Tu me connais? Tu connais ton prénom? Ce que tu aimes, c'est visa-passeport il me semble...
- Hé, non, il faut pas dire ça! C'est pas vrai!
- Ah bon? Et pourquoi tu ne demandes pas aux deux jeunes filles ici au lieu d'insister auprès de deux femmes blanches mariées? (on avait déjà dit qu'on était mariées!)
- Ben peut-être c'est juste du copinage, et donc, peut-être il y aura divorce, et donc qu'on pourra faire le mariage!
- Bien sûr! Mets-toi sur la liste d'attente, et j't'appelle hein!"

Non pas que je veuille faire celle qui a un succès de fou, mais c'est facile ici, il suffit d'être blanche pour se faire demander en mariage, les conversations se ressemblent toutes! Et remarquez aussi qu'à la fin de cette conversation, le candidat au mariage ne savait toujours pas mon prénom... :)

Bouli

ps : J'ai trouvé! Non, décidément non, on n'a pas changé d'Afrique, on a dû changer de pièce d'un immense puzzle! Ou, peut-être faudrait-il mettre le mot Afrique au pluriel, on dirait "j'ai voyagé en Afriques", et dans ce S se trouveraient toutes les pièces du puzzle que tous les jours on complète!
pps : Un voyageur à vélo un peu fou, et porteur d'un projet fabuleux (et fou, aussi!)(ecocyclette.strada.fr) avec qui nous sommes en contact mail nous a dit "L'Afrique me fascine et me désespère à la fois, mais je l'aime!"... C'est tellement ça, cette phrase, elle est là tous les jours, elle est ce qu'on vit et ce qu'on ressent, que je lui dis merci, en empruntant ses mots j'en mets moi-même sur mon voyage, et je m'en sens mieux!

lundi 23 avril 2007

Et au milieu coulait une rivière ... Walaï !

Salut tout l'monde ! Y parait que certains s'impatientaient déjà ;) Voilà voilà ça arrive ... photos et commentaires :D

Ptit nota bene : à nouveau, on a écrit l'article à 4 mains non-simultanées, donc, en fonction du ton ou du style, à vous de deviner qui parle! :p

Bon alors pour rappel on est toujours à Niamey où on a obtenu deux petits stages en lien avec le grand parc du Niger : le Parc du W ... un grand parc situé sur trois pays (Bénin, Niger, Burkina).
Bouli a obtenu comme "stage", auprès d'Ottavio, le conseiller technique du parc, responsable du tourisme, d'améliorer un musée un peu pouilleux ... au final comme ils sont pas sûr que ce musée restera au même endroit, ben son travail c'est de créer de jolis panneaux didactiques avec Photoshop ... voyez donc comme ça a l'air simple ;)

"Bouli apprend à maîtriser la bête ... :p"

De mon côté l'objectif du stage (auprès de Daniel, un scientifique qui travaille sur la mobilité de la grande faune) était de faire la carte d'une petite zone du parc à l'aide de vidéos prises depuis un ULM :) Le bonheur là-haut ! Euh oui enfin bon à part quelques petites secousses suite aux trous d'airs et colonnes d'air chaud, mais après un petit passage aux toilettes à l'atterrissage, les souvenirs resteront magnifiques :) Surtout pendant le retour sur Niamey que j'ai aussi fait dans l'ULM et où on survolait le Niger quasi tout le temps, avec tous les p'tits villages traditionnels vus de haut ... Pour peu (en mettant de côté le talent et le matos hein ...) je me serais presque cru à la place de Yann Arthus Bertrand ;)

"ça c'est l'ULM en question et moi dedans essayant d'enclencher à distance la caméra (le truc emballé dans du métal avec un p'tit aileron ... si si c'est une caméra :))"


"Ca ce sont les vues du ciel pendant le retour sur Niamey ... :D"

Outre ces deux stages on a également pu assister Daniel pour une de ses missions de suivi des buffles ... Plusieurs activités en perspectives :

Ramassage et étude de crottes de buffles :

"Ce n'est pas moi qui ait ramassé les bouses à la ptite cuillère, pas parce que "c'est pas pour les filles", mais parce que j'étais en train de gambader un gps à la main pour les relevés hydros (voir ci-dessous) ; du coup, je me suis farcie l'étape pesée du caca frais d'buffle, dont l'odeur n'a rien à envier à nos vaches noires et blanches... 2 heures d'odeurs de crottes pour tout ça de jours passés en brousse dans le parc, ça vaut le coup, non? :p"

Relevés Hydrologiques, ou en français : ballades de 15 bornes (aux ampoules des mes pieds, moi j'dis 18 bornes!) 4 jours d'affilés dans la brousse du parc pour tenter de relever les points d'eau, inexistants ou presque ... par contre le soleil, celui-là, il n'oublie pas d'exister, j'aurais pu boire ma transpiration tellement ça dégoulinait!


"Et au milieu coulAIT une rivière ... Walaï (=j'te jure en zerma, ils disent ça tout le temps ici, surtout quand tu discutes un prix ;))"


"Un obstacle presque simple de ce parcours du combattant :)"


"Le seul point d'eau de la première ballade ;)"

Suivi des buffles

"Quelques buffles ont été munis d'un collier GPS qui retient en mémoire tous leurs déplacements ... après il faut aller les décharger avec l'antenne qu'utilise Daniel sur la photo ... pas toujours évident car avant ça il faut les trouver et s'en rapprocher suffisament (pas à porter de cornes quand même :p)"

J'ai oublié de présenter toute l'équipe :


"de gauche à droite : Pierre un ami de Daniel venant donner un coup d'pouce, Cathy ... Madame Daniel comme disent les Nigériens ;) :p, Daniel, Abdou Burkina le guide et Eric le garde armé pour la sécurité ...(photo prise par Madame Manu :p)"

Outre que ces stages sont bien sympathiques en soi, ben y'a l'avantage de rentrer dans le fameux parc et d'y rester quelques nuits :) On vous laisse apprécier les photos :

Le campement


"Vu d'en haut ... le campement et puis en face une petite plage où c'que y a toujours des canards qui s'envolent dès qu'on s'approche ..."


"La photo des canards qui s'envolent ... ouais ouais tous les visiteurs du parc l'ont ... mais on est content de l'avoir quand même ... na :p"


"la ... chose, qui a fait peur aux canards en prenant son bain :p" (et comment qu'on aurait fait pour avoir la photo, hein, sans moi?)


"Le seul avantage à se lever aux aurores pour suivre ces scrogneugneu d'buffles ... (avec le fait qu'il fait encore frais ... 33° environ)... C'est joli, hein?"

Les paysages



"Alors ... savane arbustive, herbeuse, arborée, tachetée, tigrée, boisée, ou bien ? (<- ceux qui sont déjà allés au Niger comprendront sans doute mieux le "ou bien" que les Nigériens placent à chaque fin de phrase ... comme un français qui immiterait un belge avec les "une fois", ou les gens d'Uccleuh et leur qouuuuah de fin d'phrase! :p)"

et enfin ... les animaux !!!


"et encore une juste pour le plaisir et pasque Bouli les adore, et qu'on les voit... à chaque tournant de piste! ;)"



Cath nous posait tout récemment la question de savoir si son p'tit matériel à couture nous avait servi ... réponse ...




"... oui ! Forcément, le Manu quand il marche, c'est tout droit, et tant pis pour les acacias et leurs acérées épines ; et les acacias, y'a que ça ou presque dans cette brousse...
Bon, réparer un accroc, un bouton ou une petite déchirure, on gère, mais là... Du neuf s'imposait! J'ai donc été chez un tailleur, en lui donnant nos pantalons en modèle pour qu'il ait les mesures exactes, ben..."


"L'a réussi à nous faire un pantalon tyrolien pour Manu et un truc bouffant taille haute pour moi.... mgnémgnémgné..."

Et pour les p'tites familles toujours en manque de photos de nous, en voici des "plus jolies" :p ...




A bientôt !

Manu et Bouli

ps : Au fait, ces semaines passées ici, entre Niamey et le parc du W, ça m'a fait tilter sur une réalité qui doit avoir un rôle important dans l'état actuel de l'Afrique, enfin, du Niger, je vais essayer de ne pas tomber dans le piège de la généralisation... C'est que l'Etat, ou l'autorité, l'administration, enfin, ceux qui ont un tant soit peu d'importance, ben ils se foutent de la gueule des gens, des Nigériens je veux dire... Au parc, zone protégée, le braconnage est interdit, forcément. Des équipes de gardes armés effectuent des patrouilles, et si un braconnier se fait attraper, c'est amende, confiscation de l'arme, et plus si récidive. La plupart des braconniers, ce sont des voisins du parc, qui chassent la viande de brousse pour bouffer (je ne vous refait pas mon ptit laïus sur l'état du Niger, hein)... D'un autre côté, pots d'vin par-ci, avantages par-là, ces messieurs de la classe dirigeante, pour le plaisir, ou pour entretenir les relations, ou pour obtenir quelque chose, bref, tout ce joli ptit monde vient chasser dans le parc. Y'a des réserves de chasse à côté, mais y'a plus d'animaux dans le parc, alors forcément, zone protégée ou pas, ils viennent y tirer le buffle ou l'antilope. Amendes et retrait d'armes, non, non pas pour eux...(le Niger est deuxième au classement des pays les plus corrompus, juste derrière le Nigéria...) Y'a aussi les commandes de viande de brousse provenant des restos hyperclasse de Niamey... Super! Si la misère des enfants dans la rue me donne envie de pleurer, ce coup-ci, j'ai envie de gueuler, mais comment peut-on se foutre comme ça de la gueule des gens? J'veux dire, les riverains du parc, ils crèvent la dalle, mais on les assomme d'amendes, mais alors les monsieurs chics qui "dirigent" le pays, et l'Etat du Niger est bien sûr associé à la gestion du parc, c'est lui qui a dû poser le montant des amendes, ben non, eux ça les concerne pas... Si on ferme les limites d'un parc, bordel, on les ferme pour tout le monde!
Du coup... j'pense qu'il peut y avoir toutes les associations, ong's, partenariat imaginables, tant que l'Etat ici assure pas, c'est mal parti, oh oui...

Ce soir j'achèterais des lotus, tiens...
Un peu amèrement vôtre,
Bouli

samedi 31 mars 2007

Niger ... découvertes!

Salut à tous !
Voici un billet écrit en plusieurs fois, parfois par Bouli, parfois par Manu, parfois à 4 mains, remanié, recommencé... Pour finir, on vous l'envoie version brouillon, ça fait plus naturel!

Je sais, on vous l'a déjà dit plusieurs fois, on a chaud au cours de ce voyage, l'Afrique ne faillant pas à sa réputation de continent ayant la plus élevée des températures moyennes...Mais là, je retire tout ce que j'ai pû râler sur la chaleur avant, tant cela me paraît tiède par rapport au four qu'est le Niger! J'ai l'impression d'être un bout d'viande qu'on essaye de faire cuire à température basse (un ptit 45 degrés...) pendant longtemps... :p Je découvre que les joues, les avant-bras, les chevilles, tout ça, ça peut transpirer et dégouliner, si! Actuellement, nous sommes à Niamey, et nous logeons chez une copine de Manu, Audrey, qu'il a rencontrée lors de son stage à Montpellier. Audrey est une ancienne thésarde (sujet : les éléphants!) et aujourd'hui elle est gérante d'une agence de tourisme sur Niamey : Niger Découverte!


Voici le 4x4 avec lequel Audrey (en train d'essayer de capter du réseau sur le toit) nous a emmenés jusqu'au parc du W dès notre deuxième jour au Niger ! Objectif : se familiariser avec le terrain... où un possible stage se profile! Obstacles : rien moins que 4 pannes sur ce trajet de 2h30 :)
En premier lieu un pneu qui a crevé et un cric qui était légèrement trop grand du coup il a fallu creuser le sol. Ce qui est fabuleux, c'est que même quand une crevaison survient au milieu de nulle part, en pas moins d'un quart d'heure, une dizaine de personnes étaient là : des jeunes bergers, un vendeur de tomates, des passants (mais où vont-ils? On est sur une route en pleine brousse!)... qui se transforme tous en mécanos improvisés!
Ensuite, un pneu de secours s'est décroché du toit, on l'a vu rouler à côté de la voiture un bon 500m avant qu'il ne s'arrête ;) Soudain une explosion puis une fuite de gaz (pfffffiiiiiIIIIIIII) : c'était la clim (qu'on utilisait pourtant pas) ... C'est à ce moment qu'a été prise la photo et pendant que Audrey appelait un mécano pour savoir si c'était dérangeant ou pas pour rouler, Romain (à gauche) s'apercevait que notre niveau d'huile était quasi à zéro ... On a du donc encore par la suite trouver de l'huile (pas facile dans la brousse nigérienne !) d'abord un peu dans une bétonneuse sur le chantier d'un pont, et ensuite encore un peu plus dans les p'tits villages ... Ouf on a fini par arriver mais en 4h30 !


Voilà on est logés pour 5 jours à "La Tapoa" un petit village-entrée pour le parc du W. Le parc du W, c'est une immense réserve de biosphère (j'pense bien que sa superficie atteint les 2/3 de celle de la Belgique) qui s'étent sur 3 pays : le Niger, le Bénin et le Burkina Faso. Un programme européen (ECOPAS) prend en charge le côté technique et scientifique. Ce jour là Ama (un guide du parc, qui, à l'inverse de ses collègues est motivé, a plein d'idées et compte nous donner un coup d'main dans notre projet) nous emmène faire un p'tit tour à pied dans les premières limites du parc ! C'est plus que suffisant car comme on est en saison sèche, tous les animaux viennent dans ce coin-ci où sont situées la plupart des réserves d'eau ;) En voici d'ailleurs quelques uns qu'on a pu observer :






Mais au final ce n'était parfois pas la peine de se déplacer, depuis notre campement on a pu voir à quelques mètres se ballader les ... éléphants !!! (C'est Bouli qui sautait d'joie ;))





Sur la première photo en regardant bien et si votre écran n'est pas trop sombre vous devriez apercevoir les éléphants un peu en haut à droite de moi ... c'est pour montrer combien z'étaient près dites donc ! Sur la deuxième photo, les villageois (avec Ama en blanc, au premier plan) qui viennent les observer aussi, les éléphants, ce n'est pas si courant que cela qu'ils s'approchent autant du village, mais saison sèche avancée, donc manque d'eau et de paturages frais obligent, les éléphants s'approchent! Et accompagnent toute la journée : que tu fasses ta toilette (au sceau!) ou que tu prépares la boustifaille, si tu lèves les yeux au-dessus la palissade du campement, ils sont là, à 20 mètres...!




Un autre jour, Ama qui accompagnait 3 italiens sur une autre ballade nous a proposé de nous joindre au groupe ... nous on dit jamais non ;) Cette fois-ci ce sont surtout des babouins (hi hi les fesses pelées!) que nous avons croisés ;) Même tout un groupe pas content du tout qu'on les ait dérangés pendant qu'ils allaient à la mare! Certains jeunes impatients nous aboyaient dessus (si si, les babouins ça aboient !), quant aux vieux plus placides ils se tenaient accroupis les coudes sur les genoux avec les bras croisés pendant vers l'avant : la pose du "vieux peulh qui a perdu son troupeau" selon Ama ;)


Et voilà le p'tit dernier en date qu'on a pu observer ! Mais celui-la c'était à Niamey qu'on est tombé dessus :) Il est beau hein?

Il parait qu'il faut des photos d'nous ... et qu'en plus c'est à mon tour de m'y coller me signale Bouli ... et bien je la laisse se régaler pour les commentaires ...



Sur la première photo, Manu aux fourneaux! Enfin, plutôt Manu au réchaud à pétrole qui pue! Derrière les toles bleues... les éléphants, ou parfois une antilope, ou des babouins... C'est la brousse!
Retour à Niamey pour la deuxième photo : l'agence NigerDécouverte, ses tentes (les pointes blanches en arrière-plan, on loge dans l'une d'elles), et sa pisciiiiiine! J'y ai découvert une nouvelle espèce : le phoque Manu. Le phoque Manu a souvent trop chaud, et donc s'immerge régulièrement dans l'eau, possède son diplôme du petit chieur dans la piscine (éclaboussures, noyades et chatouillages en tout genre), et a besoin d'un câlin pour bouger! :D

Avec tout ça, on vous a pas encore parlé de ce qu'on allait faire ... et bien pour Bouli ce sera ... un musée !!!!


Voici le musée qui se trouve à l'entrée du parc à La Tapoa dans son état actuel ... Le coordonateur du projet voudrait bien que disparaissent tous ces horribles animaux empaillés pourris et troués ainsi que ces panneaux tout poussiéreux qui étaient sans doutes jolis en 1990 quand ils ont été faits mais que là franchement ... bof! Du coup c'est presque carte blanche pour moi (sauf que c'est sans budget) ... seulement comme le musée en question risque de disparaitre et être mis ailleurs d'ici 2 à 3 ans (un projet de la coopération italienne prévoit de construire un centre de visite, plus grand, plus neuf!), il faut du durable et du réutilisable ! Du coup là je planche sur des panneaux A0 accrocheurs et anecdotiques sur les animaux, le parc, l'écosystème, etc... Manu m'aidera pour la mise en page; et Ama, le guide avec qui on a fait connaissance, et qui lui aussi aimerait réhabiliter ce musée, devrait aussi m'aider, mais c'est un bonhomme étrange, je découvrirais au fil des jours ce qu'il veut réellement faire je crois! Ama fait partie de l'association des guides de LaTapoa, le village-entrée du parc du W. Cette association n'a rien d'une association, les guides ne s'entendent pas entre eux, ils ont simplement réussi à se mettre d'accord sur l'établissement d'une tournante : à chacun son tour d'accompagner (et donc d'être payé) les voitures de visiteurs qui arrivent au parc. Le musée, ils s'en foutent, ça ne leur rapporte rien, et je ne dis pas cela sur un ton de reproche, c'est un constat! Ama a eu l'occasion de suivre une formation de guide et d'éducation à l'environnement en France (payée en partie par une visiteuse qui était hyper ravie de son guidage), et il est revenu avec plein d'idées, des envies pour le musée, pourqoi pas des classes vertes? ... Mais voilà, il a les idées trop grandes, il remue trop pour l'inertie de son milieu : ce n'est pas toujours bien vu, ici, de vouloir sortir de la "case" dans laquelle tu te trouves, et d'essayer d'en faire plus, voire de gagner plus d'argent... D'un autre côté, Ama est aussi complètement sur la lune, il voit des génies (et on ne rigole pas avec ça ici!), et malgré ses idées, il reste inactif!
Du côté de Manu... ben les musées c'est pas trop mon truc! :D Du coup j'ai trouvé un chercheur dans le parc qui travaille sur les déplacements des buffles et il voudrait développer un système de cartographie à l'aide d'une caméra numérique fixée sur un ULM ... hop hop c'est bon je prend :) Ca risque d'être chaud pour monter dans l'ULM (vu qu'il appartient à l'armée) et encore plus pour survoler le parc mais c'est pas grave c'est déjà plus dans mes cordes ;)
Enfin ... must du must, mais c'est encore à voir avec les assurances, statuts de stagiaires etc etc ... toujours le même chercheur (Daniel Cornelis) doit récolter des bouses de buffles assez fraiches ... Waw ça c'est du terrain ! Mais ne nous emballons pas ... le problème administratif de la responsabilité et de la sécurité a l'air d'ores et déjà insurmontable ... Bouli quant à elle râle déjà car même si c'est possible ... c'est "pas pour les filles" :p :p

Et enfin une dernière pour la route :


Ca faisait déjà un moment qu'ici en Afrique le nombre de panneaux indiquant la présence d'ONG m'impressionnait ... ok c'est sûr c'est normal, en Europe y en a d'office moins ... mais quelle est réellement l'utilité de faire de la pub comme si ces ONG étaient des hotels ou des restos ? Ici Niamey dépasse tous les autres endroits ... jamais vu autant de panneaux ONG au m² ! (Bon j'arrive pas avec le matos ici à faire du flou mais vous aurez compris que j'incrimine pas ces ONG là hein ! elles font p'tet du bon boulot j'les connais pas !).
D'ailleurs à propos de nos réflexions sur la coopération, pour le moment on oscille de manière assez régulière entre deux idées (merci à Malick, Cheick, Michel, Faliry, Aminata, Jean, Eric, Quentin, Zoé, Delphine, Adrien, Gaël, et à tous ces inconnus qu'on rencontre dans la rue et qui nous parle de leur Afrique, c'est grâce à eux qu'on peut se poser des questions!) :
  • Tendre vers une coopération idéale en travaillant sur quelques principes clés :
    • la participation : se baser sur des besoins et demandes locales et y répondre avec des solutions et structures locales. Ah oui, n'envoyer que de l'argent qui fait défaut quoi ! Oui mais bien souvent on veut savoir si l'argent est bien utilisé et quoi de mieux pour ça que d'être là sur place pour vérifier ? Et hop nous voilà dans tout le problème des expats. Heureusement chez les coopérants y en a beaucoup de bonne volonté, vraiment intègres et qui font tout pour que leur rapide passage soit bénéfique pour un max de monde. Malheureusement y en a aussi de ces expats qui sont là parce que chez eux ils sont pas bien, n'ont pas autant de pouvoir, de fric et ceux là ce sont de vraies catastrophes ...
    • la responsabilisation : selon cette idée il faudrait que tout projet se retire à un moment et que tout continue de la meilleure manière qui soit après son départ. Qu'on ait plus besoin d'aide quoi. Dur dur dans la pratique ... forcément, quand y a tellement d'aide dispo c'est moins casse-tête de chercher une autre source de financement que de continuer soi-même les activités déjà lancées. Hmmm le problème viendrait-il d'une plus grande offre d'aide qu'il n'y a de demande ? Dur à croire quand on voit la situation globale ... alors serait-ce une offre qui ne répond pas à la demande ... un petit besoin de se donner bonne conscience à tout prix ?
    • des échanges réciproques : on arrive souvent avec cette belle idée que la coopération doit être à double sens, que les deux parties doivent en retirer quelque chose. Mais par contre on sait rarement bien ce qu'on veut vraiment retirer de cette coopération ... alors que de l'autre côté ça c'est très clair.
    • la transmission de belles idées humanistes : émancipation de la femme, lutte contre le travail des gosses, lutte contre la corruption, contre l'esclavage, etc etc. Mais attention à ne pas tomber pour ça dans le chantage voire dans l'ingérance. Déjà ces idées viennent d'ailleurs ... un ailleurs où elles n'ont même pas toujours été présentes (abolition de l'esclavage), où actuellement on a pas encore réussi à pleinement les réaliser (égalité des sexes, corruption) et enfin les choses sont parfois relatives : un enfant c'est jusqu'à 18 ans comme chez nous ? Jusqu'à 14 ans comme le dit l'UNICEF ? Mais bien des enfants de moins de 14 travaillent ici comme les adultes pour se nourrir et c'est pas en leur supprimant leur job qu'on les aidera... Puisqu'on y croit quand même dur comme fer on pourrait toujours au moins les partager, sensibiliser etc... mais est-ce que ce sera jamais aussi efficace que si ces changements de mentalité viennent de l'intérieur ?

  • Stopper toute "coopération" au sens où on l'entend maintenant et transférer tout l'argent, les moyens et les idées vers un respect total dans tous les flux normaux qu'on peut trouver entre deux pays :
    • le commerce : je m'étend pas là-dessus, y'a des organisations mondiales censées y réfléchir. Mais c'est un des flux les plus évidents et on peut pas dire qu'il y règne le plus grand respect de l'autre. Ca vous satisfait vous les quelques p'tits produits qu'on peut trouver chez Oxfam et autres marques équitables ? Bref investir des moyens là-dedans serait sans doute pas superflu.
    • l'immigration : voilà un autre flux qui pose beaucoup de questions et qu'on pourrait certainement grandement améliorer. Et si chaque immigrant était accueilli au sein de familles et de ménages ? Bien sûr voilà qui coûterait plus que de les parquer tous au même endroit, mais on y gagnerait sans doute beaucoup en compréhension de l'autre pour les deux parties ...
    • les études : aujourd'hui il y a plein de grands penseurs et de cerveaux aussi au Sud ... mais par contre leur formation se fait encore très souvent au Nord. De nouveau un flux sur lequel travailler. Permettre par exemple que les bourses n'arrivent pas toujours aux déjà nantis et fils de politiques, permettre aussi que ce voyage ne soit plus une obligation en sensibilisant ces personnes à l'intérêt de mettre en place de telles universités chez eux plutôt que de favoriser plus leur intégration chez nous et créer la "fuite des cerveaux" comme on l'appelle.
    • le tourisme : voilà un gros flux qui se fait souvent dans l'autre sens et sur lequel on pourrait bien travailler ! Quoi ? Vous en doutez ? Lisez donc notre passage sur Djenné dans l'article "Rencontres Maliennes". Et pourquoi pas faire une formation en bon tourisme responsable pour tous ! Voire même obligatoire aller hop (surtout quand il s'agit d'aller voyager vers des pays de culture et de niveau de vie différents) ! Avec à la clef, pourquoi pas, un stage pratique accompagné ;) Mais si, je suis sûr que le coût pour l'état Belge de financer une semaine de vacances pour chacun de ses citoyens serait vite remboursé par l'image qu'il en retirerait auprès des autres nations. :)
Bref voilà entre quoi on oscille sans jamais vraiment être satisfait des futurs que cela promet ...

Retour de clavier à Bouli (étape correction de l'orthographe ;))
Il se prend la tête le Manu! Moi je n'ai pas encore mis de mots sur ces idées, pour le moment je ressens "juste" ce que je vois! Le Niger, il paraît que c'est le dernier ou l'avant-dernier (quelle différence?) pays sur la liste, par rapport à son "indice de développement humain"... Ce n'est pas marquant, ici, à Niamey, comme ce n'était pas marquant au Mali ou au Burkina (qui sont dans les derniers du classement aussi), je veux dire : y'a des routes goudronnées, des stations d'essences, des restos, des maisons avec jardins et cascades de bouguainvillés, y'a des magazins de gsm, lecteurs de dvd et appareils electroménagers branchés ; Niamey, c'est pas la brousse quoi! Sauf quand un dromadaire et son maître traverse en même temps que les dix mille mopettes, les charettes à ânes et les taxis à un carrefour...!
Mais y'a des détails, des ptits trucs, je sais pas, peut-être que j'approche le seuil maximal de misère humaine que je peux encaisser en me répétant simplement que je ne suis pas la solution... C'est dans le ventre trop rond des gosses (malnutrition...), dans le ventre pas assez rond des mendiants, il y en a tant!, dans les boitements que laisse derrière elle la polio, dans les plaies purulentes laissées par la gale ou la teigne, dans le blanc des yeux jauni et trouble, je ne sais pas, mais c'est partout; et moi qui m'étais promis de ne pas donner aux enfants "parce qu'on ne sait pas si c'est réellement pour eux qu'ils mendient", "parce que je ne veux pas favoriser un système où un marabout, censé leur apprendre l'arabe et la lecture du Coran, envoie mendier les gosses", "parce que je ne veux pas que ce soit toujours vers le blanc qu'ils viennent mendier (on a beaucoup de succès...)", ben me voilà à donner quasi tous les jours à un ptit qui traîne entre le marchand de fruits et celui à brochettes....
Y'a aussi les vendeurs de lotus (lotus, c'est les mouchoirs! Certaines choses s'appellent par leur nom de marque ici!) et les vendeurs de cartes de recharge de gsm. Service : impeccable, si vous avez besoin de l'un ou de l'autre, dans les 10 mètres y'a un ptit vendeur ambulant, c'est sûr! Seulement voilà, y'a trop de vendeurs pour la demande... le marché n'est pas très florissant! Un paquet de mouchoirs coûte 100 francs CFA (15 cents), en en vendant 6, le vendeur se fait un bénéfice de 50 francs CFA... 8 cents! Pour les cartes de téléphone, les vendeurs touchent 10 % sur le montant de la carte, en général les gens achètent une carte de 1000 ou 2500 francs CFA... donc, 10 ou 25 francs de bénéfice (1.5-4 cents), et peu vendent plus d'une ou deux cartes dans la journée! Un plat de riz sauce (sans viande), le repas de base ici, c'est 200 francs minimum, une portion de yaourt à boire, c'est 100 francs, les mangues sont à 500 francs le kilo...
Il y a un mois, un de ces vendeurs, hélé par une personne dans une voiture, s'est précipité... Il est mort renversé par un taxi qui arrivait à toute vitesse.
Alors voilà, ça me fait râler! Coup d'gueule! A qui? ...
Si je dois me souvenir d'un chose, je voudrais que ce soit des sourires et des "Bonjour Madame, ça va bien la journée?" de ces vendeurs, tous plus gentils les uns que les autres!

Bouli&Manu

samedi 10 mars 2007

De grosses bêtes...!

Salut salut!
Nous voilà de retour à Ouagadougou, après une grosse semaine à bourlinguer dans le sud-ouest du Burkina, à la fois pour tourismer et rencontrer des projets... Place aux photos!


Pour les impatients d'ma nouvelle coupe de cheveux... Voici l'effet casque pré-passage chez le coiffeur! Malgré la transpiration et la poussière qui s'y collait dedans, pas moyen, je n'y voyais plus rien! :)


... Alors voilà après... L'effet coiffure de cette photo est, je l'avoue, un peu cassé (1) par mon air béat (je bois un yaourt, on les achète sur le bord de la rue dans des sachets en plastique, c'est tout bon tout frais!), (2) par les supers tongs jaunes taille 47 fillette prêtées par le cordonnier qui était en train de recoller les semelles de mes sandales jésus, (3) par le splendide bronzage-crasse de mes chevilles et (4) par l'effet bouffant de mon nouveau pantalon, qu'un couturier et sa vieille machine Zingler m'a taillé! Ou alors c'est dû aux motifs du tissu... Dieu que j'ai l'air bête... :p




Tout le monde nous le conseillait : descendez vadrouiller dans le sud-ouest du pays, c'est vert, le climat est plus doux, il y a de l'eau... Parfait! Bobo-Dioulasso, la ville dans laquelle se trouve la ferme-orphelinat mystère, est dans le sud-ouest, en route! A Bobo, il nous a fallu moins d'une heure pour trouver la famille gérant la ferme-orphelinat; on se serait cru dans un jeu d'indices et d'énigmes! On connaissait le nom de l'iniateur du projet (un français), le nom de sa femme, et la boulangerie à laquelle sont vendus les oeufs produits dans sa ferme... Taf taf, un ptit tour à cette fameuse boulangerie, on demande, et comme tout le monde se connaît ici, l'information passe, quelqu'un arrive, c'est la voisine du toubab, zou, on a trouvé! Le français en question, Olivier Costes, est marié à une Burkinabée, et avec sa belle-famille, il a monté un projet de ferme : poules pondeuses, vaches africaines croisées avec des vaches à lait d'Europe pour plus de rendement, maraîchage, etc. Le patriarche de la famille adore les enfants et voulait faire un ptit plus pour les moutards des rues : de là est née l'idée d'accueillir des orphelins au sein de la ferme. Ils sont 6 actuellement, les revenus de la ferme devraient subvenir à leurs besoins et scolarité; si tout se passe bien ils accueilleront plus d'enfants! On a visité la ferme (qui se trouve être entre une ferme et une résidence secondaire!); c'était dans nos projets/envies d'y rester peut-être, mais la structure et l'absence du "patron" ne le permettaient pas, n'empêche, l'idée et le projet était sympathique!
On a donc repris la route vers Banfora, encore plus au sud, et le lac de Tengréla. Intérêt du lac : y'a plus de 80 z'hippopotames qui y vivent! Youhou! Arrivés là, on s'installe, on laisse passer les heures chaudes, et vers la fin de l'après-midi, nous voilà en route, tels de vrais aventuriers-naturalistes, pour voir des hippos...

Bon, raté. C'est pas tout à fait des hippos, mais ça fait presque le même bruit... :)


Renseignements pris, pour voir des hippos, c'est à 5h30 du mat', en pirogue! On s'approche... Vous les voyez? Les taches noires, à droite? C'est eux!


Tadaaaaam! Les voilà! Une quinzaine d'hippos émergent, secouent leurs rikikis oreilles, soufflent de par leur naseaux, barbottent, gromellent, pètent, j'adore!


Le lever de soleil sur les hippos... On viendrait rien que pour ça, non? Nous, ça nous a tellement plu, qu'on est revenu le lendemain matin, pour le même spectacle... MMmh :)


Même que le piroguier m'a offert une fleur de nénuphar-collier! Non, non, toutes les dames qui font cette excursion n'y ont pas droit... :p Tu parles! Pas grave, la fleur est jolie!


A une dizaine de kilomètres de là, se trouvent les cascades de Karguiféla. Dix km en vélo dans les rizières et les bananiers, sur des vélos sans frein ni vitesse et tout couinant, c'était terrible! Mais cela valait le mal de fesses dû aux ressorts de la selle... de l'eau! Le bruit de l'eau qui coule, qui rebondit, qui éclabousse, youhou!


On nous avait renseigné également un endroit "à éléphants", un campement situé au confluent de deux cours d'eau, où tous les jours viennent s'abreuver les éléphants! En route!

Je suis arrivée là complètement surexcitée, le temps de monter la tente, de prendre une ptite douche, et paf, je me suis installée au point de vue, pile à l'endroit du confluent, il était 18 heures, le crépuscule, parfait me suis-je dit, je vais les voir!
A 20 heures, j'étais au bord de la crise d'hystérie : pas un seul éléphant! Alors que les gérants du campement m'assuraient que tous les jours vers 18 heures ils passaient! Snif, argh!
Le lendemain, dès le réveil... Tadaaaaam (bis!) !!! Les voilà!

On a pris des dizaines de photos... Voici un aperçu! Ils étaient près, hein? Toute la journée ils ont déambulé autour du campement, à s'abreuver, à manger, à s'asperger de poussière, c'était fabuleux!


J'adore ces images : sur la première, le ptit jeune (en bas à droite) éprouve quelques difficultés à remonter la berge (avouez qu'il est drôle, avec sa face scotchée dans la gadoue)... Sur la deuxième, un éléphant plus agé vient l'aider!

Voili, voiloù, les dernières nouvelles!
Le départ pour le Niger s'approche, même si rien de très précis n'est encore prévu là-bas!
Biz à tous!
Bouli

ps : un peu de vocabulaire français burkinabé, on adore!
  • Y'en a, mais c'est fini, comprenez : oui, oui, on en avait, mais aujourd'hui, le stock est vide! Réponse typique du vendeur de yaourts! :)
    C'est pas arrivé!, réplique entendue lors de la négociation de tomates... Ca veut dire que c'est pas bon, le prix proposé est trop bas!

mercredi 28 février 2007

Burkina Faso ... FASO !

Voici un p'tit article pas comme les autres :
Optimiste pour plaire à Lulu !
Avec carte géographique (en fin d'article) pour plaire à "maman bouli" et Xav !
Avec le programme en avance plutôt que la description à retard pour plaire à tous les impatients du clavier ;) :D

Voilà nous y sommes arrivés au Burkina ! Et même à Ouagadougou ... Waw ! Et même plus encore, au festival du film africain, le "FESPACO" ... qui dure une semaine et nous donne une bonne excuse donc pour se poser et se reposer tout ce temps là :)
Se reposer on le fait divinement bien, surtout grâce à l'accueil chalareux et l'hospitalité de Quentin et Zoë deux belges travaillant pour "Autre Terre" et leurs enfants Daphné et Lucien !
On se refait une santé aussi grâce à Ouagadougou une ville où on trouve enfin une multitude de fruits frais, mais pas que ça : des fromages importés (brie, bleu, comté, hmmm), de la charcuterie, de la viande rouge, des légumes .... Hmmm merveilleux souvenir d'un repas fromage-charcuterie-salade avec des fruits en pagaille pour le dessert et du bon vin rouge pour arroser tout ça :p

Bon pour le programme du Burkina promis aux impatients (à suivre avec la carte géo :p) :
Bobo-dioulasso et sa région (Sud-Ouest) pour le tourisme d'abord car il parait qu'il y a de très belles chutes et que c'est tout vert ... souvenirs de Casamance ;). En même temps on devrait essayer de visiter des projets de séchage de mangues pour le commerce équitable (ça nous plairait bien ça de voir l'origine des p'tites mangues Oxfam qu'on grignotte de temps en temps ;)). Egalement à Bobo on doit essayer de trouver un certain Olivier Costes dont on a à peu près que le nom. Celui-ci a créé une ferme-orphelinat, où les enfants sont non seulement accueillis, mais formés à toutes sortes de métiers agricoles ... à voir.
A Koudougou (entre Bobo et Ouaga) on pourrait peut-être passer un moment dans une ONG appelée "Baobab" et qui fait un joli triangle entre "échanges Nord-Sud", "Culturel" et "Economique". La base de leurs projets commence par le montage d'une pièce de théatre sur un thème genre la micro-finance. Cette pièce est montée au Burkina avec à chaque fois un mélange d'acteurs burkinabés, belges et sénégalais. Ensuite cette pièce est jouée au Burkina pour la sensibilisation et en Belgique pour la récolte de fonds. Les fonds sont ensuites rappatriés vers le Burkina et le Sénégal pour être injectés dans des projets économiques ... genre le micro-crédit ;)
A Ouaga il y a Quentin et Zoë d'Autre Terre avec qui on parle beaucoup car le principe de cette ONG est fort intéressant : Autre Terre est en fait une partie de l'Association "Terre" qui travaille en Belgique pour le respect de l'environnement (récoltes de papiers-cartons, vêtements, etc) et pour l'amélioration des conditions sociales (ils engagent surtout des personnes qui ont des difficultés ... chômage, handicaps, etc.) ... ensuite, une partie des bénéfices que Terre arrive à dégager va vers le fonctionnement de l'ONG "Autre Terre". Attention, ce n'est pas encore la forme parfaite de coopération : les bénéfices de Terre ne sont pas suffisants, les coopérants "Autre Terre" ont le même genre de difficultés que les autres ONG dans leurs recherches de partenaires locaux et ils se cassent toujours la tête pour améliorer le terme de coopération vers une vraie coopération où les deux parties s'enrichissent du contact avec l'autre. Il n'empêche que le principe nous intéresse beaucoup et qu'on creuse ;)
A Fada N'Gourma (entre Ouaga et le Niger, à l'Est), se trouve "Iles de paix" ... mais si vous connaissez c'est sûr : les p'tits bonhommes-modules verts, jaunes, rouges, bleus qui se vendent dans les cours de récré :p Là ce qui nous intéresse beaucoup dans la philosophie de Îles de paix c'est leur principe de n'être là que pour un petit moment et donc insister dans tous les rapports avec les locaux pour qu'ils se prennent eux même le plus rapidement en main. Après nos expériences sénégalaises où la plupart insistaient eux-mêmes sur le problème de l'attentisme au Sénégal, du fait que y a tellement de projets et d'argent que plus personne n'essaye même de créer quelque chose avec les ressources locales. Certains faisaient même de ces blagues au fond de vérité : "pour se construire une piscine dans son jardin il faut écrire un projet sur les droits humains". Cet attentisme qui malheureusement revenait parfois au Mali, notamment avec cette histoire qu'une Française nous a raconté sur un Dogon avec qui elle avait passé quelques jours : elle se demandait pourquoi il ne cultivait pas le grand terrain juste derrière sa maison. Le Dogon lui répond alors que la terre s'érode et qu'il est impossible de bien cultiver. La femme fait remarquer que le voisin, lui, il cultive et sur un terrain similaire. Ah oui mais le voisin, lui, une ONG est venue lui construire des petits murets en pierre autour de son champs. Ah eh ben pourquoi tu n'en construis pas des petits murets, ça a pas l'air compliqué et y a plein de pierres dans ton terrain. Bof ... j'attends que l'ONG repasse dans le coin pour le faire.
Bref avec Îles de paix on aimerait bien voir quels discours il faut tenir pour tenter de palier à ce genre de résultats ! Enfin ils nous ont quand même déjà prévenus que c'était pas aussi merveilleux que ça ... qu'en général leurs partenaires avaient d'autres bailleurs de fonds qui n'ont pas spécialement le même discours et que ce que certains peuvent tisser le jour, d'autres le détissent la nuit ...
Et puis dans tout ça il faut qu'on se trouve 3 ou 4 semaines pour aller au Niger et faire un stage dans le parc du W (c'est à la pointe entre le Burkina, le Bénin et le Niger). Un stage soit dans l'éco-tourisme, soit dans le suivi des buffles et/ou des antilopes ...

Voilà voilà pour tous nos p'tits projets ... et on vous redonnera des nouvelles d'ici à ce qu'on en ai réalisé au moins un ;)
Manu et Bouli



PS: scoop, Bouli a décidé de se faire couper le casque qu'elle avait sur la tête pour la deuxième fois ... et la voici maintenant avec une tête de RockStar :p les photos bientôt.
PPS de Bouli : Manu, lui, a décidé de conserver son casque!!!

samedi 24 février 2007

Pays Dogon

Voici les dernières photos du Mali ;)




La falaise de Bandiagara avec les anciennes habitations des Dogons (aujourd'hui ils sont descendus dans la plaine).



La vue une fois grimpés dans la falaise au milieu des anciennes habitations.



Notre guide, Ousmane, nous expliquant certaines significations animistes des peintures et sculptures représentées sur la maison du chef spirituel le Hogon.



Manu et Bouli éprouvant des difficultés avec les échelles dogonnes (?) :D



Sur la première photo, une case à palabres, plafond bas pour éviter que les interlocuteurs ne se lèvent et s'énervent... Jolie, hein? Ben elle n'est pas authentique : les piliers ne sont pas sculptés dans les "vraies" cases à palabres, celle-ci est en fait la vitrine d'un artisan sculpteur!
Une ruelle dans un village... Tout-à-fait authentique, les tissus bogolans qui décorent les murs... :)



Leurs sculptures sont pleine d'humour, j'trouve! Qui veut un nain de jardin Dogon? :p

vendredi 23 février 2007

Rencontres Maliennes

Hello tous !

Voici donc un "petit" article sur tout le Mali puisque nous nous trouvons déjà au Burkina ...
Le Mali, en tout cas pour nous, a été une sorte de voyage à deux vitesses. Comme un pays qui aurait deux faces : une faite de sagesse, de profondeur, de générosité ... et l'autre faite d'agressivité, d'aigreur, d'insupportable lourdeur. Durant ce voyage nous avons sauté de l'une, avec nos contacts, à l'autre, en visitant les endroits plus "touristiques".

Rencontre avec une capitale africaine agréable
On ne le croyait plus et pourtant si, une capitale africaine agréable ça existe : Bamako ! Les rues ne sont pas immensément polluées (juste les canivaux un peu vaseux mais raisonnable) y a même des poubelles si si ! Les gens sont polis, même les taximens et les vendeurs de la rue vous disent les vrais prix même quand vous pensiez que c'était plus cher. Les maisons sont basses, la terre rouge et tout ça donne une image de grand village ... Ah ça fait du bien après l'horrible Dakar.
  • Premier trajet
    En même temps, Bamako n'était pas notre cible au Mali alors après 2 jours de repos, nous voilà sur les routes et déjà le premier contact avec l'autre visage du Mali, celui adressé aux touristes : les transporteurs, les guides, les rabatteurs, etc. On a faillit y croire hein quand on est arrivés à la gare et qu'on nous a dit "oui oui votre bus part maintenant" ... En effet il a quitté presque tout de suite, mais après on est restés à l'arrêt pendant 2h juste à la sortie de Bamako sans savoir ni pourquoi, ni quand on repartirait ... et le chauffeur juste devant le bus qui discutait n'était pas enclin à nous donner plus d'infos. :( Bof comme premier transport, heureusement que nous avions prévu 2h d'avance justement dans notre planning et qu'on a donc pas raté notre rendez-vous avec Faliry Boly
Rencontre avec les riziculteurs
Faliry Boly, c'est le secrétaire général du Sexagon (le syndicat des agriculteurs de la région près de Niono). Vu qu'un syndicat ça fait surtout beaucoup de réunions, de paperasses, de rencontres etc ... ben on a pas vraiment "participé aux activités". Par contre Faliry nous a invité pendant 2 jours chez lui ... et ça, c'était vraiment passionant :) Déjà vivre dans une famille c'est passionant en soi, mais en plus discuter des heures le soir avec Faliry sur son besoin de retourner à la terre, être en harmonie, sur la coopération, sur le fait que même si un africain le veut il aura beaucoup de difficulté à monter un projet politique, social ou dans le développement car le "marché" est innondé de l'extérieur par les ONGs et autre ... surtout que la plupart de celles-ci préfèrent encore très souvent envoyer leurs coopérants, leurs experts, etc.. Faliry pense cependant que c'est surtout aux africains de changer de mentalité, refuser ces projets de l'extérieur, prendre son courage pour monter le sien ... évidemment les vieux crocodiles au pouvoir (dixit Faliry) sont ceux qui s'accomodent le mieux de la situation actuelle, ça n'aide pas.
  • Deuxième trajet
    Il arrive toujours un moment où il faut repartir, mais nous n'en sommes pas trop tristes car Faliry nous a donné le contact d'une personne à Bamako qui sera certainement passionante elle aussi ;) Du coup ben oui on fait un retour sur Bamako ... Déjà que ce genre d'aller-retour c'est moyen, mais en plus quand le voyage devient de pire en pire ... Cette fois c'est le guichetier qui se fout vraiment de notre gueule, il nous dit d'abord dans "30 min", puis 30 minutes après "dans 1h30", puis 2h après : "Dans 1h ! Oui, oui, tout ce que je disais avant ça c'était du blabla, mais là dans 1h c'est sur" Mouais ... fous toi d'ma gueule ouvertemment en plus. Enfin le départ, mais ce n'est que pour mieux tomber en panne au milieu de trajet. Une panne incompréhensible pendant 1h où on ne nous dit absoluement rien, certains passager font du stop, nous on sait pas si on doit les immiter ou si le bus va repartir... 1h après le bus repart en effet sans qu'aucune réparation ne soit faite ... aller comprendre... ou pas!
Rencontre au sommet
Le fameux contact de Faliry Boly n'était en réalité rien moins que Mme Aminata D. Traoré, ancienne ministre de la culture au Mali, écrivaine, grande militante pour des mouvements altermondialistes et qu'on retrouve dans le film Bamako pour ceux qui l'ont vu.
Il a fallu un moment pour oser appeler une personne qui nous impressionait tant, il a fallu un moment pour arriver à passer le pas de sa porte, mais une fois à l'intérieur de sa cour, chez elle, avec ses frères, ses soeurs, toute la famille et même sa mère centenaire et qui dégage une énergie incroyable ... c'est bon on était "presque" à l'aise ;) Heureusement car il nous a fallut beaucoup de concentration pour arriver à suivre ses développements et ses idées sur la coopération Nord-Sud, sur les politiques africains qui sont coincés par les directives des institutions internationales, sur la dignité africaine qu'elle voudrait qu'on leur rende. D'ailleurs à ce sujet elle nous racontait une rencontre en Europe avec Louis Michel où celui-ci avait évité le sujet quand elle lui demandait de leur "rendre nos hommes politiques" ... mais Louis Michel l'a invitée à continuer le débat ce 3 mars à la foire du livre à Bruxelles ... à noter pour ceux que ça intéresse ;)
  • Un voyage sans problème
    Si si, il semble que ça existe ! nous avons fait le voyage Bamako-Koutiala sans encombre, directement et sans retard ... ah oui faut dire qu'on a changé de compagnie, alors pour ceux qui iraient au Mali : La Somatra ça vaut rien, la Bittar ça c'est bien !
Rencontre cotonnière
On s'attendait à tomber dans une petite association de cotonniers qui se seraient mis ensemble pour faire face financièrement aux aléas de ce commerce. En effet c'était le point de départ de Kafo Jiginew dans les années 80 ... Aujourd'hui c'est devenu une énorme institution de micro-crédit au Mali qui couvre presque tout le pays, aussi bien dans le monde rural que dans les villes ... bref pour nous impossible de participer à leurs activités ... par contre nous avons pu discuter toute une matinée avec le secrétaire général qui nous en a appris beaucoup sur le problème de la culture du coton qui n'est apparemment plus très rentable mais qui est politiquement très stratégique alors on la soutient pour les engrais et autres produits chimique que ça amène etc ... bon c'était assez court comme présentation, mais ça donnait envie d'en savoir plus ... peut-être en lisant Orsenna et son livre sur le coton au Mali :)
  • 12,5 km/h de moyenne
    Mais pourquoi on n'a pas pris Bittar, c'est qqchose qu'on arrive pas à s'expliquer ! En tout cas l'utilisation des mini-bus blancs (comme les carapi du Sénégal) est à bannir au Mali. Partis à 10h30 de Koutiala, nous sommes arrivés la nuit à 2h30 à Djennés 200 km plus loin. En fait les mini-bus blanc non seulement ils s'arrêtent tout le temps pour faire monter d'énormes madames avec dix milles sacs qui mettent des heures à se coincer sur des sièges qui ne sont déjà plus libres, mais en plus bien qu'ils vous disent "oui oui on va à Djenné" en fait ils s'arrêtent au milieu, un autre car doit vous prendre qui s'arrête un peu plus loin (enfin, après s'être fait attendre 3 heures, bien sûr... méfiez-vous des "tout de suite" des transporteurs, telle est la leçon à retenir!), etc etc... l'horreur !
Rencontre avec le tourisme
J'suis sur que vous l'avez déjà compris au titre : cette fois ce n'était plus une rencontre avec le côté sage profond et généreux du Mali. Enfin ne lui enlevons pas ça : Djenné est vraiment belle, toutes les constructions sont faites en terre, tout est rouge et accueille les rayons du soleil couchant comme un écrin, la Mosquée est grandiose de près et en plus elle joue d'une sorte d'effet d'optique qui fait que plus vous vous éloignez de la ville, plus vous avez l'impression qu'elle grandit, qu'elle écrase les maisons alentours pour se faire une meilleure place dans votre champ de vision. Le problème c'est que Djenné est aussi touristique ! Non pire que ça : elle est touriste-de-massique. Y en a partout, les gens n'ont que des métiers qui leur font agresser le touriste (guides, artisans de collections d'aéroport, mendiants), les enfants en deviennent agressifs de demander sans arrêt tous les mots de français qu'ils ont dans la tête : 100F, 500F, 1000F, 10000F, le cadeau, bonbon, bic, ballon, bidon, moto, collier, livre, etc etc... Ils deviennent même parfois méchants, à nous dire "casse-toi d'ici si tu me donne rien, aller vas-t'en, rentre chez toi" ... si si ce sont des enfants.
J'vous jure on comprenait pas, ok un peu, mais là ... est-ce que y a encore des touristes qui donneraient des choses ? Malgré toutes les recommandations dans tous les guides, tous les sites, tous les principes de tourisme responsable ? Eh bien OUI ! et à Djenné on a pu les rencontrer ces touristes arriérés qui à peine débarqués du camion rempli de blancs ils sortent le portefeuille et jettent les pièces alentours avant de rentrer se cacher à l'ombre de leur hotel (Au s'cours! Et dire qu'il y a des Africains qui se battent pour leur dignité, pour que l'Afrique se prenne en main, et y'a des gens qui viennent pourrir la génération suivante, les gosses, 'tiiiiiiin!) Ces touristes encore plus affligeants qui errent dans les allées du marché local avec 3 appareils photos en bandoulière et 4 zooms différents dans la malette puis qui soudain braquent leur appareil sur une vendeuse de beignets. Cette dernière s'écarte pour ne pas gêner la photo, n'osant ou ne voulant pas croire qu'elle est réellement la victime de cette agression ... le touriste énervé souffle alors 3 bonnes fois avant de lui glisser une pièce dans la main et la tirer un peu plus à droite pour mieux capter la lumière ...
Mais ce qui nous a sans doute le plus attéré c'était le touriste dans le restaurant qui n'a pas encore compris que les restaurateurs ne font en général que 2 ou 3 plats par jour sur les 15 proposés par la carte, en fonction des arrivées au marché, du fonctionnement aléatoire du frigo, de l'estimation du nombre de clients, etc... Alors, le touriste bouché, il s'énerve déjà, puis il demande de lui faire ce plat-là en rajoutant un peu de ça, des concombres, du poulet froid, des tomates ... déjà que vous pouvez être sûr que tout ce qu'il demande la femme du restaurateur va devoir aller le chercher dare-dare au marché pasque c'était pas prévu ... mais comble du comble quand tout est prêt notre touriste demande rien moins qu'un peu d'huile d'olive et de vinaigre balsamique ! Lui qui râlait d'entrée de jeu sur le prix du plat (3€) ne se rend-t-il vraiment pas compte que même si y avait de l'huile d'olive ici elle coûterait 3€ la goutte ?
  • Un trajet stupide Pourquoi est-ce que la dernière fois nous n'avions pas pris Bittar, je ne sais pas ? Mais toujours est-il que nous avons continué nos imbécilités, car pour nous rendre à Bandiagara (près du pays Dogon) nous avons fait Djenné-Sévaré-Mopti et puis Mopti-Sévaré-Bandiagara ... Oui oui j'suis sûr vous l'avez repéré l'absurdité, plus encore quand vous apprendrez que Sévaré est une ville carrefour où se trouvent toutes les compagnies de transport pour tous les coins du Mali et que ça c'est mis dans tous les guides ... Mais au final là où notre trajet fût le plus stupide ce fût d'avoir voulu aller à Bandiagara rencontrer un projet de coopération ...
Rencontre occidentale
A Bandiagara nous devions rencontrer un projet appelé "Rennes-Plateau Dogon". C'est une coopération jumelage entre la ville de Rennes et la région Dogon. Nous avions déjà échangé des mails et des coups de téléphone et tout semblait coller parfaitement ! Qui plus est une équipe de 4 coopérants venait justement à ce moment là pendant 2 semaines et ils semblaient d'accord que nous les accompagnions pour observer leur travail et une partie de ce qu'est le métier de coopérant. Nous attendions donc énormément de ce projet ... dans notre tête ce serait peut-être même le plus intéressant du voyage.
Paf ... la douche froide ... je ne sais pas qu'elle fût l'erreur dans cette histoire ?! Est-ce que nous nous étions mal compris ? Est-ce que notre allure hirsute et fatigués du voyage leur a déplu ? Est-ce que le président de l'assoc nous avait chaleureusement invité sans en parler à ses collègues d'abord ? Est-ce que notre projet de voyage et notre manière de vouloir chercher la bonne coopération leur a déplu ? Est-ce que tout simplement nous avions oublié ce qu'était le peu d'hospitalité occidentale ?
Bref après nous avoir accueillis assez gentiment le soir et même accepté qu'on dorme sur leur toit ... le lendemain c'est pas un bonjour, pas un mot ... et quand en milieu d'après-midi nous nous sommes enfin décidés à demander quoi, quel était leur programme et notre place dedans la réponse fût cinglante : "En fait, vous dérangez", les excuses moins pertinentes par contre, mais l'heure n'était plus à discuter, la douche était trop froide ! Merci les Rennois et on espère que dans votre projet de jumelage, ce sont les maliens qui vous apprendront l'hospitalité, et pas l'inverse.
  • Voyage vers les portes du Désert
    Vous vous en doutez, après ça notre principal souci était surtout de nous éloigner de Bandiagara ... L'idée était alors d'aller vers le Nord, vers le désert, au pied d'un rocher qu'on appelle la main de Fatma (note culturelle : Fatma (ou Fatima) était la fille du prophète Mahomet, et les représentations de sa main sont très fréquentes, elles protègent du mauvais oeil), mais le voyage fut si dur que plusieurs fois nous est venue l'envie de fuir le Mali, ses transporteurs, ses chauffeurs, ses rabatteurs, ses emmerdeurs, et d'aller vers le Burkina ! Pour commencer un taxi qui tombe en panne et chose incroyable : on nous amène un taxi de remplacement. Hourrah! Mouais... bof car celui-ci tombe en panne tous les kilomètres; sur une route de 60km ça fait long ... Ensuite on a essayé de nous refaire le coup de payer le sac plus cher que notre propre place, un grand classique, y'a même plus d'originalité dans l'attrape-toubabs! Enfin on a attendu de 10h à 19h un bus pour Hombori qui était bien là et qui devait toujours partir "dans 30 minutes" mais rien à faire toute la journée il est resté à la même place avec une dizaine d'acharnés qui tapaient à coup de marteau sur l'essieu arrière pour le faire tomber et le remplacer ... les coups de marteaux, la chaleur, les insupportables transporteurs ainsi que l'énervement croissant d'un Canadien que nous avons rencontré sur la même route (et pour Bouli les entrailles en phase de liquéfaction) tout ça mélangé en une bonne soupe a fait qu'on en pouvait vraiment plus. Mais ... on a tenu et vers minuit nous y étions à Hombori !
Rencontre magique
Bon, pour Bouli la rencontre magique a surtout commencé par une rencontre avec des WCs raisonnablement propres et sans trop de blattes ... à ciel ouvert, avoir la chiasse en matant la Voie Lactée, on se console comme on peut! Oui, Bouli était un peu malade ... :p mais pas d'stress ça n'a duré qu'un jour ;) Dès le soir elle était déjà même sur pied pour une petite ballade de deux heures vers le désert et le coucher de soleil sur les premières dunes du désert.
Le nombre de fantasmes bouliens à propos de la bouffe belge, pendant les allers-retours entre les WC's et la hutte où elle comatait s'éleve à 16 458... (Note de Bouli : Aaaah une tartine avec du Leerdamer trempée dans de la soupe tomate, des chicons-gratin, des tomates farcies, du stoemp, de la saaaaaalade.... un envoi frigo-box vers le Burkina est-il envisageable sivouplé?)
Le lendemain c'était vraiment la forme, puisqu'on s'embarquait dans un 4x4 avec 3 Français rencontrés au campement dans l'objectif d'une journée de pistage des éléphants et d'aller-retour jusque Tombouctou. Au final on aura fait une jolie ballade, mais pas d'éléphants (des traces, des crottes, des branches cassées, mais au bout de la piste : des ânes et des dromadaires :p, qui se mettent en rut à l'approche de Manu, note de Bouli). Pas de Tombouctou non plus puisqu'on a crevé 50km avant et que les Français, pour y aller, on pris un autre véhicule ... nous on est retournés au campement, de nuit avec des torticolis et beaucoup de fatigue. On a quand même insisté pour que le chauffeur nous dépose à un autre campement à 20km et du coup on a eu le lendemain matin le plaisir de se réveiller juste au pied de la main de Fatma (vous pouvez même voir dans les photos la vue qu'on avait de notre matelas).
  • Auto-stop?
    Du coup qu'on s'était fait déposé à ce campement ... il fallait bien en repartir, or à part ce campement c'est un vrai no man's land ... l'auto-stop y donne du coup un air assez "désespéré" (voir photo). On a donc passé une après midi tranquille à l'ombre des acacias à gazouiller avec des gosses apprentis-vendeurs (qui augmentent les prix au cours de la discussion, il y a encore du travail!) et à râler un peu-beaucoup-passionément sur ces 4x4 d'ONGs qui passent à toute allure vide et sans jamais s'arrêter ... pareil pour les curés, les touristes en camion rose, les bus Bittar (ah j'les trouves moins bons tout à coup) ... jusqu'à ce qu'enfin un bus miteux d'une p'tite compagnie s'arrête et accepte de nous prendre pour 2 fois l'prix.
    Cette fois-ci on s'est plus plantés, on s'est arrêtés à Sévaré ! On y a même passé une journée entière à glander près de la piscine d'une p'tite auberge toute sympa et qui sert des déjeuners Pantagruesques, fruités, céréaliers, pancakés, ... hmmm j'arrête sinon j'vais presque vouloir y r'tourner ;)
    Mais les meilleures choses ont une fin, il fallait bien repartir et on en avait très peur puisque la route que nous devions faire vers Bankass était réputée difficile. En réalité elle est passée comme une lettre à la poste ! Et pour cause ... après 20 jours au Mali et sur la toute fin de notre voyage nous avions enfin compris le "truc" : pour les transports faut soit se lever de bonne heure et ils partent vers 7h ... soit arrêter de se prendre la tête pasqu'ils partiront plus avant 17h ... et voilà c'était simple non ? Mais personne n'avait jamais pensé à nous l'dire ... bordel de cul !
Rencontres "Ethniques"
Ahhh le pays Dogon ça on en parle ! On parle de ses falaises, des treks qu'on peut faire dedans, des incroyables panoramas, de l'architecture et la situation impossible de certaines maisons dans le creux de ces falaises (cfr photos qui arrivent), de ses habitants, de leurs masques, leurs fêtes, leurs coutumes, leurs cosmologie (ils auraient découvert certaines étoiles avant même que les astro-physiciens ne les observent à l'aide de téléscopes ultra puissants) etc etc...
En réalité si le début est toujours correct (falaises, panoramas, architectures) ... la suite est bien plus triste : le pays Dogon est devenu aussi touristique que DisneyLand et plus aucun ethnologue ne pourrait venir y travailler à moins de faire un essai sur les moeurs des forains ...
Tout tourne désormais autour du tourisme et de l'aide au développement ... les uns sont guides, les autres artisans, les rues sont remplies de tissus et sculptures à vendre, les cases à palabres sont petit à petit remplacées par des étals à sculptures, souvent ils se plaignent que de peu scrupuleux touristes leur ont acheté toutes leurs anciennes portes en bois sculptés (Bon, ok, la somme proposée par ces touristes amateurs d'art devait être alléchante, mais pourquoi avoir vendu ce qui faisait leur fierté?), certains ne cultivent plus si une ONG n'est pas venue améliorer leur sol ou leur irrigation... (Attentistes? Noooon!) L'entrée dans chaque village est payante, pas grand-chose, et cela n'est pas dérangeant, dans certains villages cet argent sert à restaurer leurs habitations. Ce qui est plus lourd, c'est que si vous n'êtes pas accompagné d'un guide (pas toujours bon...), vous payerez probablement des amendes, parce que soi-disant vous avez marché sur un endroit à fétiches, on vous réclame des noix de kola, on n'ose même plus prendre de photo des gens si c'est pas en glissant un billet ... Bref, si vous cherchez l'authenticité culturelle, n'allez pas dans les villages du Sud du Pays Dogon ... au Nord, on sait pas, il semblerait que cette partie est moins visitée, peut-être moins déformée alors...!
  • Du vrai auto-stop
    Pour repartir du pays Dogon vers le Burkina là ce fût vraiment de l'auto-stop et plus en payant deux fois le prix, mais en participant aux frais ... bref de l'auto-stop à l'occidentale et pour cause ce sont deux Italiens qui nous ont pris ;) De Kani-Kombolé à Ouagadougou, nous avons donc voyagé à l'arrière de leur maison-camion. Un voyage très agréable! Et ils nous ont préparé la pasta!
Rencontre avec une capitale africaine agréable
On ne le croyait plus et pourtant si, une capitale africaine agréable ça existe : Ouagadougou ! Les rues ne sont quasi pas polluées, y a des poubelles ! Les gens sont gentils. Les maisons sont basses, la terre rouge et tout ça donne une image de grand village ... Euh ... y a pas comme une impression de déjà vu ? Et même de petite amélioration non ? On prie pour les transports, je vous jure ... :)


Bref le Mali nous a poussé encore un peu plus dans notre manière de voir la coopération : ni Faliry, ni Aminata ne voyait venir la solution servie par le Nord sur un plateau d'argent ... au contraire la seule chose que pourrait sans doute faire le Nord ce serait d'arrêter de coincer politiques et mentalités dans une vision occidentale des choses.
Quand à notre vision du tourisme ... il y a certainement une manière positive de voyager, mais elle n'est pas encore la généralité ! On espère juste peut-être un peu l'approcher ! Des cours d'éducation au tourisme ... ce serait peut-être une idée à souffler en Occident !!!

Manu et Bouli

dimanche 18 février 2007

Rencontres Maliennes

Voici déjà quelques photos pour vous faire patienter ... dès que nous arriverons à Ouagadougou au Burkina et que nous aurons un peu de temps pour nous poser et vous écrire c'est promis il y aura un long article sur toutes les rencontres que nous avons faites au Mali ... et y en a ! :p
Au Burkina nous rajouterons également, à la fin de cet article-ci, quelques photos du Pays Dogon où nous partons demain !
Bon aller ... silence et place aux photos !



Voici le fameux Train Dakar-Bamako ... et ses toilettes ... :D



Voici des photos de Niono. Sur la première c'est l'irrigation d'un champ de riz. La deuxième c'est Faliry Boly, le secrétaire général du syndicat des agriculteurs de la région ... un type passionant et plein de sagesse !


Egalement à Niono : un commerce ambulant de beaux tissus Maliens ;)




Djennée la belle, sa mosquée, ses maisons de boues joliment décorées, son marché haut en couleurs et en pagaille ...





Hombori, sur la route de Gao et Tombouctou ... nous avons traqué les éléphants du désert pendant toute une journée (photo 1), mais nous n'y avons trouvé que des dromadaires en rut(photo 2) ...
Sur le retour nous nous sommes arrêtés pour dormir au pied de la main de Fatima, l'immense rocher (photo 3), une nuit magique, par contre le retour à la civilisation est un peu compliqué (photo 4).

A bientôt pour la description de ces aventures ;)
Manu et Bouli

dimanche 11 février 2007

Diorom Boumag / Casamance

Bonjour à tous ! Voici un article qu'on aurait du vous écrire avant de commencer à vous parler du Mali, mais il nous a fallu rassembler nos idées, faire face aux cyber-aléas et ... enfin bref je vous laisse lire ;)

Diorom Boumag
Hé hé, me revoilà assise, doigts sur le clavier, prête à vous raconter... notre mois de stage-volontariat à Soucouta, p'tit village sérèr du delta du Siné-Saloum, au Sénégal. Un mois parmi la famille Diamé, entre la brousse et la mangrove, entre découverte et travail...! Je rassure rapidement ceux qui, comme Aurore, s'inquiéteront de me voir patauger dans la mangrove : c'est d'l'eau salée! Le delta est composé de bras de mer qui s'enfoncent dans les terres; donc, pas de panique, tout le monde peut patauger dans la mangrove sans rien attraper de plus grave que des éclaboussures de vase!
Vers mi-décembre, nous avons rencontré, lors des "journées de la coopération française" organisées à Dakar, Jean Goepp, chef de projet de l'ONG sénégalaise Océanium. Cette ong est née à partir d'un centre de plongée (www.oceanium.org) dakarois, dont le fondateur a décidé d'élargir ses activités et de lancer des campagnes de protection de la mer au Sénégal. Le Sénégal tire une grande partie de ses profits de la pêche, mais depuis plusieurs années les stocks poissonniers sont en chute libre, et ce par surexploitation pour l'exportation, pêche des juvéniles, destruction des habitats, enfin, ce genre de choses habituelles que l'on entend à propos de la mer et des stocks de poissons! L'Océanium a donc parcouru le Sénégal (et les pays voisins) avec un camion-cinéma pour sensibiliser les populations! Suite à ce travail, certaines communautés rurales( = regroupement de plusieurs villages proches) ont exprimé le souhait de protéger leurs ressources, et là, l'Océanium est intervenu en tant qu'appui et financeur. Ainsi est née l'aire marine protégée communautaire du Bamboung, dans le delta du Siné-Saloum. Un bolong (un petit bras de mer entre les palétuviers) est complètement fermé à la pêche. Comme les mangroves sont un important site de reproduction/nourrissage pour les poissons côtiers, le fait d'interdire toute pêche dans un endroit précis a permis au stock de se reconstituer et aux poissons d'être plus gros au moment de la pêche. Cela fait bientôt 4 ans que le bolong du Bamboung est fermé, et ça marche! Les rendements de pêche sont meilleurs dans la région. C'est très beau, dis comme ça, mais du coup, les pêcheurs des villages avoisinnants doivent partir plus loin pour pêcher (et l'essence coûte cher), d'autres se sont reconvertis en écogardes : du haut d'un mirador, ils surveillent l'entrée du bolong et interceptent les pirogues qui essaieraient d'y entrer. Il faut les payer, ces écogardes, leur bouffe (ils font des gardes de 48h sur le mirador), l'essence de la pirogue... Donc, il fallait rentabiliser l'aire marine protégée, parce que l'Océanium n'allait pas non plus financer indéfiniment. Deux projets dans ce but : un campement éco-touristique, Keur Bamboung; et un éco-musée,Diorom Boumag. Le campement éco-touristique, c'est fait, vous avez pu apprécier les photos, pour plus d'informations, voyez TitJu, elle a ramené des dépliants vantant Bamboung! L'éco-musée, c'était presque fait :une mémorante française avait monté le projet (avec l'Océanium toujours), rassemblé les objets traditionnels, dégagé le sentier, et passé des heures en palabres et réunions! Diorom Boumack, là où se trouve l'éco-musée est un amas coquillier : une montagne de coquilles vide de coquillages (huîtres et coques), 12m de haut, 300m en longueur/largeur... et c'est couvert de baobabs, ils adorent les sols calcaires! Des scientifiques ont estimé à 7 milliards le nombre de coquilles, c'est pas mal hein! Toutes ces coquilles ont été entassées là par les populations vivant dans la région il y a plus de 1000 ans. Elles séchaient la chair des coquillages et rejetaient les coquilles. La chair séchée était l'objet d'un commerce important, avec l'Europe, le Nord de l'Afrique, le Ghana ; d'où l'immense accumulation de coquilles (y'en a partout dans la région!).
Sur cet amas copquiller, au pied des baobabs, l'idée était d'installer en différents ateliers des objets traditionnels (cuisine, agriculture, lutte, pêche, etc) et de faire découvrir la culture sérère aux touristes.
*Comme Bouli est "lessivee d'idees", on change d'auteur derriere le clavier ;)*
Le stage a connu des debuts difficiles. Le principal probleme etait que le responsable local